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Le mouvement bimbo

“Ces imaginaires de l’altérité devraient être prêts à accueillir tout ce que la culture officielle rejette, c’est-à-dire à la fois le bagage hérité de la domination, quand certaines choisissent de le revaloriser et de le revendiquer, et les pratiques et affirmations qui bousculent et contestent -parfois avec virulence- ce même héritage.”

Beauté fatale, Mona Chollet, 2012

Les artistes produisent leurs propres images et les diffusent dans les milieux artistiques ou bien sur les réseaux sociaux et sont tout comme les bimbos maître.esse.s des images qu’iels produisent. Les artistes diffusent un message, une conceptualisation de leur projets, à la différence des bimbos qui produisent des images montrant leur corps pourtant souvent accompagné de texte militant féministe.

Les bimbos se mettent donc en scène sur les réseaux sociaux, réinterprétant les codes féminins sous le regard de milliers d’utilisateurs. Laura Mulvey écrivait «Le regard masculin, déterminant, projette ses fantasmes sur la figure féminine, laquelle est façonnée en conséquence. Dans le rôle exhibitionniste qui leur est traditionnellement imparti, les femmes sont simultanément regardées et exhibées »¹. Le mouvement bimbotok est créateur de son propre contenu. Ici la question du regard patriarcal à travers la caméra n’existe pas. Pourtant les bimbos sont toujours séxué.e.s, mais iels s’auto-sexualisent. D’ailleurs iels élargissent à travers cette démarche les limites des normes de genre, en y incluant tout le monde, ce qui renverse certainement cette sexualisation faite à travers l’œil patriarcal. Car «le paradoxe du phallocentrisme  sous toutes ces formes consiste en ce qu’il a besoin de l’image de la femme castrée pour ordonner son univers et lui donner un sens»² mais le.a bimbo n’est pas castré.e, iel est sexuel.le, iel a un sexe, bimbo n’a pas de frontière de genre ou de sexualité.

¹ et ² : Au-delà du plaisir visuel,
Laura Mulvey, 2017