Le mouvement bimbo
BIMBOTOK
D’après le dictionnaire Larousse, bimbo est un terme péjoratif. Ce terme décrirait une jeune femme a la mode, pulpeuse et sexy, souvent superficielle. Le terme bimbo est à l’origine une contraction de bambino, un terme Italien qui désigne un enfant de sexe masculin ou un jeune garçon. Ce terme est utilisé aux Etats-Unis depuis au moins 1919, il désignait originellement un homme adulte inintelligent ou grossier. Depuis le film muet de John Gilbert, Desert nights (1929) ; où une femme riche et malhonnête est décrite comme une bimbo. Le terme a alors en quelque année changé de sens en étant associé aux femmes et L’Oxford English Dictionnary de 1929 qui donne alors pour définition du terme bimbo : « une femme».
Ce terme argotique emprunté à l’anglais décrit donc une femme malhonnête et certainement grossière. Par grossière il est entendu que la bimbo est indécente, habillée de manière provocante. Ayant souvent le corps remodelé par la chirurgie, elle le met alors en avant. La bimbo est associé au stéréotype de la femme blonde à forte poitrine et à la taille très mince, ayant une attitude juvénile, narcissique, superficielle et qui serait niaise.
« Some women who have been dubbed as “bimbos” in the misogynistic likes are Dolly Parton, Pamela Anderson, and Paris Hilton, among others (although the term originated as a unisex term to describe unintelligent people, it was largely co-opted by tabloid magazines, which presented the more modern misogynistic definition). The imagery is clear and shrouded in hot-pink. »
« Certaines femmes qui ont été surnommées «bimbos» dans les goûts misogynes sont Dolly Parton, Pamela Anderson et Paris Hilton, entre autres (bien que le terme ait été créé comme un terme unisexe pour décrire les personnes inintelligentes, il a été largement coopté par les tabloïds, qui présentait la définition misogyne la plus moderne). L’imagerie est claire et enveloppée de rose vif. »
Dans une société patriarcale où la femme a toujours été encouragée à être au paroxysme de sa féminité, ces femmes deviennent, performent l’ultra-féminisation. Je questionne ce besoin de les rabaisser avec ce terme bimbo qui est donc, à l’origine, péjoratif puisque finalement elles pourraient être une réponse à une demande masculine d’être une sorte de trophée sulfureux qui pourrait être exhibé. C’est en cela que nous pouvons rapprocher le terme bimbo du terme “salope” car dans les deux cas il est utilisé pour rabaisser et exclure une femme à cause de sa potentielle sexualité qui serait beaucoup trop visible, trop active et sans entrave. Une salope comme une bimbo, c’est une femme dont on critique les mœurs, mais qu’on a le fantasme d’avoir à son tour dans son lit.
Le.a bimbo n’est pas seulement un corps ultra féminisé. Le.a bimbo travaille une identité visuelle remplie de symboles dits féminins. Les couleurs pastelles, les couleurs néons, le rose, les paillettes, les motifs léopard et zébré sont autant de codes visuels très stéréotypés pouvant être associé au kitsch. Des marques ou éléments pop culturels tels que Hello kitty ou Barbie sont aussi courants. Le.a Bimbo puise donc aussi inspiration dans l’enfance, dans l’esthétique « girly ». La version masculine de bimbo est himbo, nous allons désormais parler du mouvement #bimbotok qui justement s’élargit aux hommes. De la même manière qu’Adeline Anfray le propose dans « Toute des salopes : comment faire d’une insulte un étendard féministe » le terme bimbo est réinvesti par toute une cybercommunauté issue principalement de la GEN Z (génération Z).
« S’emparer de l’insulte, bien plus qu’un « c’est celui qui le dit qui l’est », c’est se réapproprier l’injure pour ne plus en être victime. » ¹
Cette communauté s’empare des réseaux sociaux avec le hashtag #Bimbotok qui cumule 35,6 millions de vues sur TikTok. Des comptes Instagram tels que @Alicia_amira, qui se revendique fondatrice du mouvement Bimbo cumule plus de 300 000 followers. Créatrice du compte et de la marque @beabimbo, elle promouvoit différents slogans telle que « hyperfeminine » ou « slut fame » tout en mettant en avant des personnes faisant partie de la communauté bimbo.
¹ : Toutes des salopes,comment faire d’une
insulte un étendard féministe, Adeline Anfray






